SixDegrees.com n’a pas attendu la ruée vers le numérique pour tracer son chemin. Dès 1997, alors que tout le monde ne jurait que par les forums confidentiels ou les messageries instantanées, une poignée de pionniers imaginaient déjà une toile mondiale reliant les individus. À l’époque, la « communauté en ligne » faisait figure d’ovni : on parlait plus volontiers de passionnés que de réseaux, et la reconnaissance sociale sur internet restait l’exception plutôt que la règle.
Vingt-cinq ans plus tard, les chiffres donnent le vertige. Certains réseaux rassemblent plus d’utilisateurs que la population de n’importe quel État sur la planète. Les bilans qui s’annoncent pour 2025 et 2026 témoignent d’une croissance qui ne connaît ni plafonds ni frontières, tandis que de nouveaux acteurs viennent régulièrement bouleverser la hiérarchie.
Des origines méconnues : comment les premiers réseaux sociaux ont vu le jour
Oubliez Facebook ou MySpace. Les premiers réseaux sociaux s’inventent bien avant leur avènement, à l’aube d’internet accessible au grand public. En 1996, la Suède voit naître StajlPlejs, qui deviendra LunarStorm. Sur cette plateforme, les internautes créent leur profil, échangent et tissent des liens numériques, une petite révolution pour l’époque. La même année, aux États-Unis, Bolt fait le pari de séduire les adolescents avides de discussions et de rencontres en ligne.
Un an plus tard, SixDegrees débarque avec un projet ambitieux : transposer la théorie des 6 degrés de séparation sur la toile. Pour la première fois, chacun peut cartographier ses connexions, envoyer des messages, partager ses centres d’intérêt, une mécanique qui deviendra la colonne vertébrale des plateformes à venir.
Voici les trois pionniers qui ont posé les premiers jalons du web social :
- StajlPlejs (Suède, 1996) : premier réseau social européen, qui évoluera en LunarStorm.
- Bolt (États-Unis, 1996) : une référence pour la jeunesse nord-américaine.
- SixDegrees (États-Unis, 1997) : le premier à concrétiser la notion de graphe social.
Des deux côtés de l’Atlantique, l’intuition est la même : relier les gens, expérimenter de nouveaux modes d’interaction. Avant même que le terme « social » ne soit dans tous les débats, ces plateformes ont testé des formules inédites et jeté les bases de ce qui allait bientôt bouleverser le monde numérique.
SixDegrees, Friendster, MySpace… qui a vraiment ouvert la voie ?
En 1997, SixDegrees invente le réseau social tel qu’on le connaît : création de profil, gestion d’amis, messagerie interne. Malgré un engouement initial, la plateforme s’arrête en 2001. Mais le principe du graphe social est posé, les profils publics aussi.
La relève arrive en 2002 avec Friendster. Très populaire auprès des jeunes adultes en Asie du Sud-Est, il démocratise le concept de « cercle d’amis » élargi. Pourtant, la plateforme stagne sur le plan technique et finit par s’effacer devant une concurrence plus réactive.
Puis surgit MySpace en 2003. L’Amérique du Nord s’approprie ce site qui fait la part belle à la musique et à l’expression personnelle. Les groupes de rock, les ados, puis les marques s’y pressent. MySpace devient le premier réseau véritablement mondial, jusqu’à ce que Facebook, lancé en 2004, vienne tout bouleverser. Son interface épurée, sa viralité, sa vitesse d’adaptation ringardisent en quelques années ses aînés.
Ces précurseurs ont marqué l’histoire :
- SixDegrees : l’architecture du réseau social moderne naît ici.
- Friendster : premier à populariser le cercle d’amis étendu.
- MySpace : premier triomphe mondial, vite dépassé par Facebook.
À chaque étape, une innovation s’impose. Mais Facebook seul a réussi à transformer la brèche ouverte par ses prédécesseurs en autoroute planétaire.
Des pionniers à l’ère des géants : l’évolution fulgurante des réseaux sociaux
En deux décennies, les réseaux sociaux sont passés d’espaces confidentiels à des carrefours peuplés de milliards d’utilisateurs. Facebook règne en maître avec près de 3,07 milliards d’utilisateurs actifs mensuels attendus en 2025. Derrière lui, Instagram et WhatsApp, tous deux propriétés de Meta, réunissent chacun 2 milliards d’adeptes. YouTube, sous l’égide de Google, rassemble 2,53 milliards de fidèles autour de la vidéo, tandis que TikTok capte 1,59 milliard d’utilisateurs, porté par l’engouement des jeunes pour les formats courts.
En Chine, la scène évolue autour de géants nationaux : WeChat (1,38 milliard), Douyin (766 millions) ou Kuaishou (plus de 500 millions). Tencent chapeaute une constellation de services, du chat à la vidéo en passant par le paiement mobile. Ailleurs, Snapchat (850 millions), Telegram (950 millions) et Pinterest (553 millions) peaufinent leurs offres : messages éphémères, communautés pointues, partage d’inspirations visuelles.
Le secteur s’est atomisé. Quelques mastodontes coexistent désormais avec une myriade de plateformes thématiques ou professionnelles. LinkedIn, pionnier du réseautage professionnel, franchit le cap du milliard d’inscrits ; Reddit, Discord, Twitch ou Threads (lancé par Meta en 2023) séduisent des publics spécifiques. Désormais, la circulation des photos, vidéos et messages s’opère à l’échelle planétaire, des familles aux influenceurs, des créateurs aux marques.
Quels chiffres et quelles tendances pour les réseaux sociaux en 2025 et 2026 ?
Facebook conserve son avance avec 3,07 milliards d’utilisateurs actifs mensuels, selon Statista. Loin derrière, Instagram et WhatsApp, tous deux sous la bannière de Meta, totalisent chacun 2 milliards de membres. YouTube, propulsé par la vidéo courte et le streaming, réunit 2,53 milliards d’utilisateurs mensuels. TikTok, roi des contenus instantanés, atteint 1,59 milliard d’utilisateurs. En Chine, WeChat (1,38 milliard), Douyin (766 millions) et Kuaishou (plus de 500 millions) poursuivent leur ascension.
Pour mieux cerner l’ampleur de la galaxie sociale, voici les chiffres clés des plateformes mondiales :
- Messenger : 947 millions d’utilisateurs actifs mensuels
- Telegram : 950 millions
- Snapchat : 850 millions
- Pinterest : 553 millions
- Reddit : 430 millions
- Threads : 320 millions d’inscrits
- LinkedIn : plus d’un milliard d’inscrits
Le podium des personnalités les plus suivies illustre le poids de l’influence individuelle. Cristiano Ronaldo, avec 170 millions de likes sur Facebook et 646,8 millions d’abonnés sur Instagram, continue de dominer. MrBeast fédère une communauté de 361 millions d’abonnés sur YouTube, devançant les mastodontes du divertissement. Khaby Lame brille sur TikTok (162,4 millions), tandis qu’Elon Musk culmine à 218,1 millions d’abonnés sur X (ex-Twitter).
Derrière ces chiffres, les usages évoluent. Les audiences se fragmentent, les communautés verticales prennent de l’ampleur, les messageries et formats éphémères séduisent toujours plus. Les plus fortes progressions s’observent aujourd’hui en Asie, en Afrique et en Amérique latine, où la connectivité mobile façonne de nouveaux réflexes. Les réseaux sociaux, loin d’avoir atteint leur plafond, réinventent sans cesse la façon dont le monde converse, partage, s’influence et se transforme. Qui aurait parié, il y a vingt-cinq ans, que l’humanité serait bientôt plus nombreuse à liker qu’à voter ?


